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Wanted Lucas Mendes
Propos recueillis par Louis Roman / Samba Foot
En quelques mois, Lucas Mendes est passé du statut de jeune promesse brésilienne à celui de millionnaire en pré-retraite. Exilé à El Jaish à seulement 24 piges, le défenseur central natif de Curitiba revient pour Onze Mondial sur son départ express de l'Olympique de Marseille. Avecun peu d'incompréhension et pas mal de nostalgie.
Onze Mondial : - Alors, c'est comment la vie au Qatar ?
Lucas Mendes : J'ai eu pas mal de difficultés au début. Ca va un peu mieux maintenant. Au niveau sportif on est 3e du championnat local. Le titre me semble compliqué mais on va se battre pour gagner notre placce pour la Ligue des champions asiatique.
- Ton départ de Marseille a été précipité ?
Oui, tout s'est passé hyper vite. Il y a eu un malentendu en interne entre le président et l'entraîneur. Le coach n'avait pas été informé que j'allais quitter le club. Il l'a dit publiquement et la presse s'est emparée du dossier... Un vrai raté au niveau de la communication, mais bon, c'est du passé. Tout va bien pour l'OM en Ligue 1 et c'est le plus important.
- Tu n'as donc pas pu évoquer ton départ avec Bielsa ?
Non, tout est allé très vite. J'ai reçu une proposition le samedi du match contre Bastia et le lendemain, tout était bouclé. Je sais juste qu'il était en colère que le président ne l'ait pas consulté concernant mon départ.
- Ressens-tu une certaine frustration après ce départ soudain ?
Oui, un peu. Lors du stage de présaison, je ne m'imaginais pas partir une seule seconde. Mais la proposition était bonne financièrement pour moi et pour le club, donc le dossier a pu se conclure rapidement.
- Quelle était ta relation avec le public marseillais ?
J'ai été magnifiquement reçu à Marseile, je n'avais jamais vu ça auparavant. Le public fait partie intégrante de la vie du club. Les fans étaient là chaque jour à nos côtés, aux entraînements et au stade. C'était vraiment une super expérience pour moi, une expérience que je n'oublierai jamais.
- On a l'impression que Marseille te manque...
Pour être honnête, oui. J'étais bien adapté, j'avais mes habitudes dans cette ville, au club. Mais c'est le foot. On ne sait jamais ce que l'avenir nous prépare. Peut-être que demain, dans un an ou deux, je serai de retour...
- Tu arrives à suivre les performances et l'actualité de l'OM depuis le Qatar ?
Oui, surtout sur Internet. A la télé, c'est plus compliqué. Mais j'ai quand même vu le Clasico en direct.
- Voir l'OM si haut en Ligue 1, c'est une surprise pour toi ?
Pour beaucoup de monde, j'imagine que oui. Mais pas pour moi. Je connais le potentiel de chaque joueur et je sais que le nouveau staff réalise un travail énorme, en tirant le maximum du groupe. Beaucoup de choses ont changé : la façon de travailler, la quantité de travail...
- Tu as passé 45 jours avec Bielsa avant de partir pour El Jaish. Qu'est-ce qui t'a le plus marqué chez lui ?
Ce qui m'a le plus étonné, c'était son travail avec les vidéos. Il décortiquait chaque match, chaque entraînement. Il avait également demandé pas mal d'adaptations au niveau des infrastructures du club.
- Et chez Vincent Labrune ?
C'est un président très proche du groupe, très présent. Il lui arrive de discuter directement avec les joueurs. Son objectif est de faire au mieux financièrement et sportivement pour l'OM.
- As-tu gardé le contact avec certains joueurs marseillais ?
Je parle de temps en temps avec Gignac et Lemina. Mais j'ai changé de téléphone récemment et je ne leur ai pas donné mon nouveau numéro. C'est ma faute, il faut vraiment que je leur envoie un SMS (rires).
- Doria n'a pas joué une seule minute à l'OM. Du coup, personne ne sait ce qu'il vaut. Tu le connais ?
Oui, et je peux vous dire qu'il a un gros potentiel. Pour le moment il ne joue pas et il faut respecter ce choix de l'entraîneur. Il est encore jeune et a le temps de faire ses preuves. Je comprends sa frustration parce qu'au Brésil, il est considéré comme une grande promesse. Mais il doit passer par cette période d'adaptation avant de pouvoir s'imposer dans un grand club comme l'OM. Son tour viendra et il faudra qu'il soit prêt.
- André-Pierre Gignac est inarrêtable cette saison...
C'est un garçon qui prouve à chaque match. Pour moi, il est aujourd'hui l'un des meilleurs attaquants d'Europe et certainement le meilleur en France. Il mérite sa place en équipe de France.
- Avec un peu de recul, comment juges-tu le niveau de la Ligue 1 ?
C'est un championnat qui devient compétitif, qui progresse chaque année, avec de grands noms qui commencent à arriver.
- Vingt-quatre ans, c'est jeune pour une pré-retraite, non ?
Pour moi, c'est surtout une excellente opportunité financière. Je m'adapte peu à peu au pays, à la culture. Mais ça ne vaut pas la France...
- Toi, tu es en train de nous dire que tu ne vas pas rester longtemps au Qatar !
(Rires) Disons que j'aimerais rapidement trouver un nouveau défi. Mais comme on dit, "tout va très vite dans le foot". Je ne sais pas où je jouerai en janvier.
- Si une opportunité se présente lors du mercato hivernal, tu accepterais de revenir en Ligue 1 ?
Aucun doute. Si c'est pour revenir à Marseille, je ne réfléchirais même pas ! Après, si un autre club français se manifeste, la porte est également ouverte. Pour moi, le championnat de France est l'un des meilleurs au monde.
- Au Qatar, on doit plus parler du PSG que de l'OM, non ?
Evidemment, on parle beaucoup du PSG ici. Mais ils connaissent aussi l'OM. Les Qataris sont surpris de voir Marseille en tête et que la lutte soit aussi serrée pour le titre.