Ligue 1 : l'OM rêve de podium et de Ligue des champions Après une année pénible et malgré des moyens limités, Marseille espère, enfin, accrocher une qualification en Ligue des champions, pour la quatrième saison de l'ère McCourt.
Il n'y avait pas grand monde pour le voir, dans les travées clairsemées de l'Audi Field de Washington mais, il y a quinze jours, l'OM a gagné son premier trophée de l'ère Frank McCourt. Bon, l'Américain était venu pour un Champions Project, pas pour un « EA Ligue 1 Games Project » un peu moins glamour, et ce tournoi outre-Atlantique organisé par la LFP ne va pas vraiment combler les appétits, dans un club où la passion des tribunes peut s'embraser à tout moment, même au sortir d'une saison médiocre. Voilà déjà près de trois ans que le nouvel actionnaire est arrivé et le temps a ramené tout le monde à la réalité : après une saison 2017-2018 où l'épopée européenne avait détourné l'attention de la cruelle quatrième place en Ligue 1, les supporters n'ont pas rêvé beaucoup, ces dix derniers mois, et les dirigeants se veulent prudents, contraints de revoir le curseur des ambitions, à cause du fair-play financier de l'UEFA mais aussi de la volonté de McCourt.
« FPF ou pas, notre trajectoire financière n'était plus soutenable sur un cycle aussi long, un club n'est pas une danseuse ou un gadget, c'est une entreprise », résumait Jacques-Henri Eyraud, le 10 juillet dans ces colonnes. Alors l'enveloppe s'est amincie, pour ce mercato estival, et le changement de cap dessine un virage assez net, au moins dans les discours.
« JHE » réclame du temps, doit alléger la masse salariale, annonce des recrues plus jeunes à fort potentiel et insiste sur l'importance de la formation, de nouveau au coeur du projet marseillais. Mais le président le sait bien, au fond : à l'OM, le temps presse toujours, et le Vélodrome n'attendra pas 2021 pour sortir les banderoles si ce qu'il voit ne lui plaît pas. C'est peut-être pour cela, d'ailleurs, que les recrues, jusqu'ici, ne collent pas au profil décrit. Alvaro Gonzalez et Dario Benedetto (29 ans chacun) ne sortent pas tout juste de l'école de foot, et il est difficile d'imaginer une monstrueuse plus-value à la revente.
Villas-Boas espère encore trois ou quatre recrues
« Cela ne remet pas en cause notre politique de recrutement, prévient Eyraud. Sur ces profils, nous recherchions des joueurs expérimentés. Mais le projet est toujours d'aller chercher des talents en devenir. » Et de les faire grandir sous la baguette d'un entraîneur au CV bien garni, qui concentre les regards et les espoirs de tous les supporters. Plus jeune coach vainqueur d'une Coupe d'Europe de l'histoire, à trente-trois ans avec Porto (C3 2011), André Villas-Boas a connu la gloire et les années plus sombres, il a travaillé à Chelsea, à Tottenham, au Zénith, et il a vite compris l'environnement marseillais. « Je ne veux pas perdre de temps avec des excuses, disait-il à L'Équipe mi-juillet. J'espère le podium dès cette saison. »
Le Portugais a réussi son acclimatation, pour l'instant. Il parle un français parfait, promène un sourire sincère, plaît aux joueurs pour son ouverture et son goût des entraînements avec ballon. Mais le plus difficile reste à venir, quand les vrais matches vont commencer, avec les choix qui vont avec. En interne, Villas-Boas l'a dit et répété : il croit beaucoup dans le talent des joueurs actuels, mais il sait que certains seront appelés à partir et que le groupe est trop restreint pour tenir une saison pleine. Il attend encore trois ou quatre recrues, en fonction des départs, dont un latéral gauche, et il assume le choix de Benedetto, devant. Le dossard du « grand attaquant », que l'OM attend depuis plus de deux ans, s'annonce lourd à porter, mais le rendement de l'Argentin s'annonce capital pour la suite de l'histoire.
L'OM va entamer sa sixième saison sans Ligue des champions. La dernière participation des Olympiens à la C 1 remonte à la saison 2013-2014, où ils avaient terminé dernier de leur groupe avec zéro point, derrière Arsenal, Dortmund et Naples.
Comme le sera l'envie de revanche des cadres du groupe, tous décevants la saison dernière, de Mandanda à Payet en passant par Luiz Gustavo et Thauvin. Des jeunes, comme Chabrolle, que Villas-Boas apprécie, viendront compléter le casting et, si tout le monde court dans le même sens, l'attelage pourrait faire du chemin. Jusqu'au podium, un eldorado qui se dérobe aux Marseillais depuis mai 2013 ?