Information
Même à Milan, c’est la crise
L’AC Milan de Berlusconi était très riche, il l’est moins aujourd’hui et doit alléger
sa masse salariale. Le départ de Thiago Silva apparaît comme un premier signal.
AVANT MÊME LE DÉBUT du mercato estival, Adriano Galliani, vice-président de l’AC Milan, a annoncé la couleur : « Les tout meilleurs joueurs, maintenant, gagnent des salaires qui ne sont plus compatibles avec les clubs italiens. » C’était le cas déjà depuis un bout de temps, mais l’AC Milan, quand même, réussissait à résister, bien aidé par la puissance de son propriétaire, Silvio Berlusconi, et par l’attrait de son imposant palmarès.
Mais, même à Milan, les temps changent et la crise a frappé. Le marché ouvre à peine et le septuple vainqueur de la Ligue des champions a déjà cédé l’un de ses meilleurs joueurs, Thiago Silva, qu’il jurait encore vouloir conserver il y a quelques semaines. Mais il y a des offres qui font réfléchir, surtout quand le contexte est un peu morose. Ça n’est pas nouveau : le club a entamé une politique d’austérité depuis la saison passée déjà, laissant notamment filer Pirlo à la Juventus. Cette année, Gattuso, Nesta, Inzaghi ou Seedorf ont aussi quitté le navire au terme de leur contrat, refusant les propositions des dirigeants lombards. Ont-ils senti la page se tourner dans un club qui semble à un tournant ? La Fininvest, holding de la famille Berlusconi, qui possède 100 % du Milan, a vu son chiffre d’affaires fondre ces dernières années. Alors, les consignes ont été passées pour la gestion du club : diminuer les dépenses, alléger la masse salariale, la plus lourde de la Serie A (160 millions d’euros par an), et revoir la politique de recrutement, en misant sur des jeunes prometteurs ou des joueurs moins coûteux, à l’image de Bakaye Traoré (27 ans) acheté à Nancy le mois dernier.
Quelle sera alors l’ambition sportive la saison prochaine ? Le Milan possède assez de marge en Serie A pour réduire la voilure et pouvoir continuer à jouer le podium. Mais la question du futur d’Ibrahimovic va rapidement se poser puisque le Suédois coûte 12 M€ par an, entre salaire et primes. Lui a encouragé ses dirigeants à recruter vite et bien pour ne pas vivre une deuxième saison sans titre. Le club, lui, guette les offres d’un œil intéressé mais n’a rien vu venir de concret jusqu’ici.
En attendant, Berlusconi et Galliani ont rendez-vous en fin de semaine avec L’émir de Dubaï, Mohammed Ben Rachid al-Maktoum. En mai 2009, le bruit avait déjà circulé que l’émir était intéressé pour acheter une part du club. Il reprend de la vigueur aujourd’hui, alors que Berlusconi, dont la carrière politique est plutôt derrière lui, n’a plus autant besoin qu’avant du foot pour soigner son image. – M. Go.