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Mon calcul politique, c'est la radicalité", a expliqué François Bayrou à l'université d'été du Mouvement démocrate (MoDem), qui a débuté vendredi 5 septembre à Cap Esterel (Var).
"La radicalité, ça veut dire ne pas être dans le jeu des manoeuvres et des magouilles. C'est une perspective de remise en question d'un projet de société dont la seule cohérence est la fascination pour le modèle américain", a assuré l'ancien candidat à l'élection présidentielle, qui a fait de Nicolas Sarkozy son unique cible.
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Analyse Le MoDem, un parti en transition, par Patrick Roger
1 700 participants se sont inscrits à l'université d'été. "L'attention et la confiance des gens sont là, se réjouit M. Bayrou. C'est la matière première de la politique."
En cette rentrée, le président du MoDem n'a manqué aucune occasion de fustiger les "abus" et le "faux volontarisme" de M. Sarkozy. Règlement de l'affaire Tapie, création du fichier Edvige, financement du RSA, limogeage du contrôleur général de la police en Corse : face à ce qu'il qualifie de "dérive du pouvoir", il entend se porter à la tête d'un "mouvement de refus républicain", profitant des faiblesses du PS.
Après une année difficile, où il a payé le prix politique et électoral de son refus de rallier la majorité présidentielle, M. Bayrou espère tirer les premiers bénéfices de son intransigeance et de son rôle d'opposant : "Face à ce que je considère comme une rupture avec la tradition républicaine française, il y a la responsabilité de devoir s'opposer sur le fond."
QUO VADIS?
Un positionnement qui attise les acrimonies. Le camp présidentiel ne lui pardonne pas de ne pas avoir sombré définitivement. Le morcellement du centre a privé le MoDem d'une partie de sa surface électorale, mais a eu aussi pour effet de rétrécir la majorité et de faire de ses satellites des dépendances de l'Elysée.
Le Nouveau Centre présidé par le ministre de la défense Hervé Morin, qui tient lui aussi une université d'été depuis vendredi dans le Var, n'a pas réussi à exister, bien qu'il dispose d'un groupe à l'Assemblée nationale et de quatre représentants au gouvernement.
M. Bayrou et le MoDem restent, pour le PS, sources de discorde. En appelant dans Libération du 5 septembre à "un débat sincère qui pourrait à terme déboucher sur un contrat de gouvernement", Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, a bousculé un tabou. M. Bayrou s'est réjoui vendredi qu'"un certain nombre de choses commencent à bouger".
Pour l'heure, cependant, le député des Pyrénées-Atlantiques poursuit seul son cheminement. Quo vadis ? ("Où vas-tu ?"), ainsi a-t-il nommé le dossier dans lequel il consigne les réflexions destinées à nourrir l'ouvrage qu'il prépare pour la fin de l'année.
"Quel est le projet de société en train de se mettre en place ? Qu'est-ce qu'on peut imaginer d'autre ? Telles sont les deux questions qui se posent", énumère M. Bayrou, qui annonce vouloir "faire émerger les lignes directrices d'un projet alternatif." Ce sera l'objet du discours qu'il doit prononcer dimanche en clôture de ce rassemblement.
Patrick Roger
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