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Espagne : pourquoi la position de Julen Lopetegui était devenue intenable ?
La Fédération espagnole (RFEF) a annoncé ce mercredi le départ de Julen Lopetegui. Pour les dirigeants de la RFEF comme pour une partie des joueurs, il était devenu impensable de disputer le Mondial avec le nouvel entraîneur du Real Madrid comme sélectionneur.
Comment une équipe qui compte parmi les principales favorites de la Coupe du monde s'est retrouvée à changer de sélectionneur à deux jours de son entrée en lice dans le tournoi (contre le Portugal, vendredi à 20h00) ? Cette question, de nombreux supporters de la Roja se la posent ce mercredi. Au lendemain de l'annonce du Real Madrid de l'arrivée de Julen Lopetegui sur son banc pour la saison 2018-2019, le président de la Fédération espagnole (RFEF), Luis Rubiales a en effet annoncé le départ immédiat du sélectionneur, remplacé par Fernando Hierro. Le dirigeant s'est en effet retrouvé en quelques heures dans une situation inextricable.
Les dirigeants de la Fédération pas mis dans la confidence
Durant sa conférence de presse, tenue ce mercredi en fin de matinée, Rubiales a assuré ne pas s'être senti trahi par Lopetegui. Pourtant, selon l'ensemble de la presse espagnole, c'est bien ce sentiment qui habite le président de la RFEF depuis mardi soir. D'abord parce qu'il avait fait prolonger son sélectionneur jusqu'en 2020 il y a seulement trois semaines. Ensuite parce qu'il n'avait jamais été mis au courant des tractations de Lopetegui avec le Real.
Pire, il n'a été informé par Florentino Pérez du départ du sélectionneur en 2018-2019 qu'une poignée de minutes avant l'annonce du club merengue, alors qu'il se trouvait à Moscou pour assister au congrès de la Fifa. Abasourdi, le président de la RFEF lui a alors demandé d'attendre que la Coupe du monde soit terminée pour rendre public cette arrivée. Une requête ignorée par Florentino Pérez.
«La manière de faire est importante»
«La RFEF ne peut pas rester en marge d'une négociation avec un de ses employés et découvrir un accord 5 minutes avant un communiqué officiel, a lancé Rubiales ce mercredi. La manière de faire est importante.»
Selon El Confidencial, Lopetegui lui-même aurait préféré que son arrivée prochaine au Real soit elle soit jusqu'à la fin de la Coupe du monde. Mais, après une conversation téléphonique entre Florentino Pérez et Sergio Ramos, l'information se serait propagée dans le groupe espagnol. Lopetegui n'aurait dès lors plus eu d'autres choix que d'accepter la publication d'un communiqué du Real.
Dès lors, difficile d'imaginer le sélectionneur espagnol, en froid avec l'ensemble de sa Fédération et des membres de l'encadrement, rester en poste pour la Coupe du monde. Symbole ce la tension qui a régné ces dernières heures autour de la Roja, Lopetegui et Hierro (qui était jusqu'à aujourd'hui directeur sportif de la sélection) ont eu une discussion animée mardi soir sur le terrain d'entraînement.
Selon Mediaset, qui a publié des images de cet entretien, le technicien aurait tenté d'expliquer à l'ancien défenseur central, pas non plus mis dans la confidence des négociations, qu'il ne pouvait pas refuser la proposition du Real et qu'il était nécessaire de la rendre public pour éviter des fuites durant la compétition.
Comment ont réagi les joueurs ? Evidemment bien du côté des six joueurs du Real présents avec la sélection (Carvajal, Sergio Ramos, Nacho, Isco, Asensio, Lucas Vasquez). Selon la presse espagnole, plusieurs éléments de la Roja, emmenés par le capitaine Ramos auraient même tenté de convaincre Rubiales de laisser Lopetegui en poste.
Mais il est difficile de croire que l'ensemble des joueurs espagnols étaient favorables à son maintien, notamment les quatre Barcelonais (Jordi Alba, Gerard Piqué, Sergio Busquets, Andrés Iniesta). Depuis deux ans, Lopetegui avait réussi à gérer au sein de la sélection les tensions Barça-Real (par lesquels il est passé en tant que joueur). En rejoignant Madrid, il pourrait les raviver au pire moment.